Lo posible y lo real

“No lo vemos, siempre por la misma razón, siempre presas de la misma ilusión, siempre porque tratamos como más lo que es menos, como menos lo que es más. Volvamos a colocar lo posible en su lugar: la evolución se convierte en algo completamente distinto de la realización de un programa; las puertas del porvenir se abren bien grande; un campo ilimitado se ofrece a la libertad. El error de las doctrinas -muy raras en la historia de la filosofía- que supieron dar un lugar a la indeterminación y a la libertad en el mundo, es no haber visto lo que implicaba su afirmación. Cuando hablaban de indeterminación, de libertad, entendían por indeterminación una competición entre posibles, por libertad una elección entre los posibles. ¡Como si la posibilidad no fuera creada por la libertad misma! ¡Como si cualquier otra hipótesis, al plantear una preexistencia ideal de lo posible a lo real, no redujese lo nuevo a ser solo un reajuste de elementos viejos! ¡Como si no debiera ser conducida de este modo, tarde o temprano, a tenerlo por calculable y previsible! Aceptando el postulado de la teoría adversa, uno introducía al enemigo en la plaza. Es preciso tomar partido: es lo real lo que se hace posible, y no lo posible lo que deviene real.”

Henri Bergson

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The Doors of Perception (reloaded)

“Space was still there; but it had lost its predominance. The mind was primarily concerned, not with measures and locations, but with being and meaning.

(…) the man who comes back through the Door in the Wall will never be quite the same as the man who went out. He will be wiser but less cocksure, happier but less self-satisfied, humbler in acknowledging his ignorance yet better equipped to understand the relationship of words to things, of systematic reasoning to the unfathomable Mystery which it tries, forever vainly, to comprehend. (…)

It does not consist in the fact that ‘these wonderful originals seen in my visions, were some of them one hundred feet in height … all containing mythological and recondite meaning.’ It consists solely in his ability to render, in words or (somewhat less successfully) in line and color, some hint at least of a not excessively uncommon experience. The untalented visionary may perceive an inner reality no less tremendous, beautiful and significant than the world beheld by Blake; but he lacks altogether the ability to express, in literary or plastic symbols, what he has seen.”

Aldous Huxley

La vida y la obra de Ravaisson

“La historia de la filosofía nos permite sobre todo asistir al esfuerzo sin cesar renovado de una reflexión que trabaja en atenuar dificultades, en resolver contradicciones, en medir con una aproximación creciente una realidad inconmensurable con nuestro pensamiento. Pero de vez en cuando surge un alma que parece triunfar sobre esas complicaciones a fuerza de simplicidad, alma de artista o de poeta, que se conserva cerca de su origen, que reconcilia, en una armonía sensible al corazón, términos tal vez inconciliables para la inteligencia. La lengua que habla, cuando pide prestada la voz a la filosofía. no es comprendida de igual modo por todo el mundo. Unos la juzgan baga, y lo es en lo que expresa. Los otros la sienten precisa, ya que prueban todo lo que ella sugiere. A muchos oídos solo aporta el eco de un pasado desaparecido: pero otros ya escuchan ahí, como en un sueño, el canto alegre del porvenir. (…)

¿Qué más audaz, qué más nuevo que venir a anuncia a los físicos que lo inerte se explicará por lo vivo, a los biólogos que la vida solo se comprenderá por el pensamiento, a los filósofos que las generalidades no son filosóficas, a los maestros que el todo debe enseñarse antes que los elementos, a los escolares que hace falta comenzar por la perfección, al hombre, más que nunca entregado al egoísmo y al odio, que el móvil natural del hombre es la generosidad?”

Henri Bergson

La filosofía de Claude Bernard

“Esta concepción del trabajo de investigación científica disminuye singularmente la distancia entre el maestro y el aprendiz. Ya no nos permite distinguir dos categorías de investigadores, de los cuales unos solo serían peones mientras que los otros tendrían por misión inventar. La invención debe estar en todas partes, hasta en la mas humilde investigación de hecho, hasta en la experiencia más simple. Allí donde no hay un esfuerzo personal, e incluso original, no hay siquiera un comienzo de ciencia. Tal es la gran máxima pedagógica que se desprende de la bota de Claude Bernard.”

“Cette conception du travail de recherche scientifique diminue singulièrement la distance entre le maître et l’apprenti. Elle ne nous permet plus de distinguer deux catégories de chercheurs, dont les uns ne seraient que des manœuvres tandis que les autres auraient pour mission d’inventer. L’invention doit être partout, jusque dans la plus humble recherche de fait, jusque dans l’expérience la plus simple. Là où il n’y a pas un effort personnel, et même original, il n’y a même pas un commencement de science. Telle est la grande maxime pédagogique qui se dégage de l’œuvre de Claude Bernard.”

Henri Bergson

On the function of the brain

“… we should do well to consider much more seriously than we have hitherto been inclined to do the type of theory which Bergson put forward in connection with memory and sense perception. That suggestion is that the function of the brain and nervous system and sense organs is in the main eliminative and not productive. Each person is at each moment capable of remembering all that has ever happened to him and of perceiving everything that is happening everywhere in the universe. The function of the brain and nervous system is to protect us from being overwhelmed and confused by this mass of largely useless and irrelevant knowledge, by shutting out most of what we should otherwise perceive or remember at any moment, and leaving only that very small and special selection which is likely to be practically useful.”

C. D. Broad

La pensée et le mouvant

“N’attendez pas de cette métaphysique des conclusions simples ou des solutions radicales. Ce serait lui demander encore de s’en tenir à une manipulation de concepts. Ce serait aussi la laisser dans la région du pur possible. Sur le terrain de l’expérience, au contraire, avec des solutions incomplètes et des conclusions provisoires, elle atteindra une probabilité croissante qui pourra équivaloir finalement à la certitude. Prenons un problème que nous poserons dans les termes de la métaphysique traditionnelle: l’âme survit-elle au corps? Il est facile de le trancher en raisonnant sur de purs concepts. On définira donc l’âme. On dira, avec Platon, qu’elle est une et simple. On en conclura qu’elle ne peut se dissoudre. Donc elle est immortelle. Voilà qui est net. Seulement, la conclusion ne vaut que si l’on accepte la définition, c’est-à- dire la construction. Elle est subordonnée à cette hypothèse. Elle est hypothétique. Mais renonçons à construire l’idée d’âme comme on construit l’idée de triangle. Étudions les faits. Si l’expérience établit, comme nous le croyons, qu’une petite partie seulement de la vie consciente est conditionnée par le cerveau, il s’ensuivra que la suppression du cerveau laisse vraisemblablement subsister la vie consciente. Du moins la charge de la preuve incomberat-elle maintenant à celui qui nie la survivance, bien plus qu’à celui qui l’affirme. Il ne s’agira que de survie, je le reconnais; il faudrait d’autres raisons, tirées cette fois de la religion, pour arriver à une précision plus haute et pour attribuer à cette survie une durée sans fin. Mais, même du point de vue purement philosophique, il n’y aura plus de si: on affirmera catégoriquement – je veux dire sans subordination à une hypothèse métaphysique – ce qu’on affirme, dût- on ne l’affirmer que comme probable. La première thèse avait la beauté du définitif, mais elle était suspendue en l’air, dans la région du simple possible. L’autre est inachevée, mais elle pousse des racines solides dans le réel.

Henri Bergson

Le possible et le réel

“Les deux illusions que je viens de signaler n’en font réellement qu’une. Elles consistent à croire qu’il y a moins dans l’idée du vide que dans celle du plein, moins dans le concept de désordre que dans celui d’ordre. En réalité, il y a plus de contenu intellectuel dans les idées de désordre et de néant, quand elles représentent quelque chose, que dans celles d’ordre et d’existence, parce qu’elles impliquent plusieurs ordres, plusieurs existences et, en outre, un jeu de l’esprit qui jongle inconsciemment avec eux.

Eh bien, je retrouve la même illusion dans le cas qui nous occupe. Au fond des doctrines qui méconnaissent la nouveauté radicale de chaque moment de l’évolution il y a bien des malentendus, bien des erreurs. Mais il y a surtout l’idée que le possible est moins que le réel, et que, pour cette raison, la possibilité des choses précède leur existence. Elles seraient ainsi représentables par avance : elles pourraient être pensées avant d’être réalisées. Mais c’est l’inverse qui est la vérité. Si nous laissons de côté les systèmes clos, soumis à des lois purement mathématiques, isolables parce que la durée ne mord pas sur eux, si nous considérons l’ensemble de la réalité concrète ou tout simplement le monde de la vie, et à plus forte raison celui de la conscience, nous trouvons qu’il y a plus, et non pas moins, dans la possibilité de chacun des états successifs que dans leur réalité. Car le possible n’est que le réel avec, en plus, un acte de l’esprit qui en rejette l’image dans le passé une fois qu’il s’est produit. Mais c’est ce que nos habitudes intellectuelles nous empêchent d’apercevoir.”

Henri Bergson

The Doors of Perception

“We live together, we act on, and react to, one another; but always and in all circumstances we are by ourselves. The martyrs go hand in hand into the arena; they are crucified alone. Embraced, the lovers desperately try to fuse their insulated ecstasies into a single self-transcendence; in vain. By its very nature every embodied spirit is doomed to suffer and enjoy in solitude. Sensations, feelings, insights, fancies – all these are private and, except through symbols and at second hand, incommunicable. We can pool information about experiences, but never the experiences themselves. From family to nation, every human group is a society of island universes. Most island universes are sufficiently like one another to Permit of inferential understanding or even of mutual empathy or “feeling into.” Thus, remembering our own bereavements and humiliations, we can condole with others in analogous circumstances, can put ourselves (always, of course, in a slightly Pickwickian sense) in their places. But in certain cases communication between universes is incomplete or even nonexistent. The mind is its own place, and the Places inhabited by the insane and the exceptionally gifted are so different from the places where ordinary men and women live, that there is little or no common ground of memory to serve as a basis for understanding or fellow feeling. Words are uttered, but fail to enlighten. The things and events to which the symbols refer belong to mutually exclusive realms of experience.

To see ourselves as others see us is a most salutary gift. Hardly less important is the capacity to see others as they see themselves. But what if these others belong to a different species and inhabit a radically alien universe? For example, how can the sane get to know what it actually feels like to be mad? Or, short of being born again as a visionary, a medium, or a musical genius, how can we ever visit the worlds which, to Blake, to Swedenborg, to Johann Sebastian Bach, were home? And how can a man at the extreme limits of ectomorphy and cerebrotonia ever put himself in the place of one at the limits of endomorphy and viscerotonia, or, except within certain circumscribed areas, share the feelings of one who stands at the limits of mesomorphy and somatotonia? To the unmitigated behaviorist such questions, I suppose, are meaningless. But for those who theoretically believe what in practice they know to be true – namely, that there is an inside to experience as well as an outside – the problems posed are real problems, all the more grave for being, some completely insoluble, some soluble only in exceptional circumstances and by methods not available to everyone. Thus, it seems virtually certain that I shall never know what it feels like to be Sir John Falstaff or Joe Louis. On the other hand, it had always seemed to me possible that, through hypnosis, for example, or autohypnosis, by means of systematic meditation, or else by taking the appropriate drug, I might so change my ordinary mode of consciousness as to be able to know, from the inside, what the visionary, the medium, even the mystic were talking about.”

Aldous Huxley

No Manifesto

“No to spectacle.
No to virtuosity.
No to transformations and magic and make-believe.
No to the glamour and transcendency of the star image.
No to the heroic.
No to the anti-heroic.
No to trash imagery.
No to involvement of performer or spectator.
No to style.
No to camp.
No to seduction of spectator by the wiles of the performer.
No to eccentricity.
No to moving or being moved.”

Yvonne Rainer

The gift of difference will prove invaluable

“The key word in that initial bullet point is diversity.

An all too familiar misstep that saps the strength and hamstrings the growth of any community — not just the science realm— is to marginalize the value of diversity in planning. What’s equally bad is to deny diversity in participation. Yet that’s what happens time and again when it comes to leveraging a diversity of professional relationships on the job. It can be also happen when it comes to tapping into diverse human resources long after we’ve punched out for the day. The sad truth is that too many of us fail to realize the incredible assets available to us by not maintaining diversity in our personal tool chests. Yes, I’m guilty of it. (…)

Similarity and difference; it’s the nature of the universe. From falling snowflakes to interplanetary star systems, no two are alike. Yet among each group they share close comparison. The same is true when it comes to human beings. One merely has to reach out and dare to create new relationships. Start with those with whom you highly regard, but make the interaction personal and your motives transparent. (…)

Initial attempts will be uncomfortable, but this is normal. Just study history. It was equally the case when the first scientists produced undeniable evidence the Earth wasn’t flat. Then as now, the discomfort will pass. What will be left? New perspectives holding limitless possibilities.

So do yourself a favor and give yourself the gift of difference in your relationships. You’ll be better for it, in more ways than one.”

J.R. Reynolds